• 13 juin 2024 17h01

Miadé Bé Nou

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Le CAR du « Bélier Noir » sur la voie de la destruction ?

ByAristo

Août 24, 2022

Créé en avril 1991 des cendres du Front des associations pour le renouveau (FAR), le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) est l’un des tout premiers partis politiques à lutter pour l’instauration et l’enracinement de la démocratie au Togo. Il est très adulé aussi bien sur le plan national qu’international au vu du charisme de son leader, Me Yawovi Agboyibo.

Face à l’érosion, au fil des années, de l’image de ce grand parti de l’opposition traditionnelle, Me Yawovi Madji Apollinaire Agboyibo a cru devoir passer la main à un de ses fidèles inconditionnels, au congrès d’octobre 2008. : il s’agit de Me Dodji Apévon. Malheureusement, une crise ouverte va secouer le parti à la fin de la deuxième mandature de ce dernier en 2016.

Un comité intérimaire dirigé par Nador Awokou a été rapidement mis sur pied pour conduire le parti vers une Assemblée générale élective. Le Bélier noir de Kouvé fera son come-back à la tête du parti rouge à l’issue de cette assemblée générale pour remettre le parti sur la bonne voie et lui redorer son blason ainsi terni. C’est à cet exercice que s’attèlera avec dextérité l’ancien Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Togo jusqu’à son rappel à Dieu le 30 mai 2020.

Le CAR, membre de la C14, une coalition née du mouvement du 19 août 2017 de Tikpi Atchadam, ensemble avec les autres partis de ce regroupement, vont boycotter les législatives de juin 2018. Cette décision a provoqué des remous au sein du parti des déshérités.

Si la participation du parti aux élections municipales de 2019 a quelque peu, atténué les ardeurs des mécontents, le refus du parti de Me Agboyibo de présenter un candidat à la présidentielle de 2020 va ouvrir une autre boîte à pandore. Des militants et non des moindres, ont pris leur distance vis-à-vis du parti.

Avec la disparition du Président-fondateur, la crise qui couve depuis quelques années, a pris une autre tournure. Si tous se sont accordés, malgré eux, à mettre les activités du parti entre parenthèses jusqu’à l’inhumation du 2ème Premier ministre de l’ère Faure Gnassingbé, huit mois après son inhumation, c’est toujours le statu quo.

Ce malaise époustouflant auquel est confronté le parti, a été mis sur la place publique par l’un des vice-présidents du parti au service des déshérités. « Le CAR souffre d’une grande maladie. Si nous n’étions pas malades, nous aurions déjà fait des sorties. Nous sommes malades au sein du parti. Cela fait longtemps que nous avons inhumé notre président et depuis, nous n’arrivons pas à nous lever et à voler, il y a un caillou dans nos ailles », a déclaré Togbui Sylvain Dagban-Ayivon sur les ondes des médias, la semaine dernière.

Ce cri d’alerte a suscité de vives réactions. Pour Togbui Dagban-Ayivon, il ne faudrait pas qu’on endorme l’opinion. Lui Dagban, affirme-t-il, n’est pas comme les Européens qui conduisent l’Ukraine vers la décadence totale. « Le CAR est comme une barque à vue sur l’eau avec une navigation aléatoire. Il faut que le CAR marche. Sinon, ça va être un fiasco pour nous qui avons mis toute notre vie et toute notre espérance dans ce parti. Me Agboyibo n’est pas du tout content depuis là où il est en ce moment. Il se retourne sans cesse dans sa tombe », a affirmé le gardien des us et coutumes. Même si Me Pascal Agboyibor, fils de feu Me Yawovi Agboyibo est en dehors du parti, il doit contribuer à sortir « le CAR » du garage. Vivement que les esprits puissent s’accorder pour ramener le CAR à la circulation après plus de deux ans sans activités.

Georges A.

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