• 22 juillet 2024 21h39

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Litige foncier: Fofonè KEKESSI, déjà cité comme chef des usurpateurs de terrain, déposé à la prison civile de Lomé

ByAristo

Juin 22, 2024

Depuis quelques jours, la prison civile de Lomé a accueilli un pensionnaire, et pas des moindres. Fofonè KEKESSI, dont le nom a défrayé la chronique des affaires foncières pendant longtemps dans plusieurs quartiers de la capitale Lomé.

L’accaparement des terres est un problème préoccupant dans de nombreux milieux du pays, y compris la capitale. Au Togo, près de 70% des affaires pendant devant les tribunaux sont liées au foncier, selon un rapport fourni par les autorités judiciaires en 2019.

Rendre la justice impartiale et en finir avec la forfaiture

Ce coup de poing sur la table du président du Conseil supérieur de la magistrature intervient, quelques semaines seulement après une première sortie sur l’état des lieux de la justice togolaise. L’autorité judiciaire avait alors fustigé un secteur rongé par des “dysfonctionnements notoires” et des “pratiques malsaines”, impliquant aussi bien des magistrats que des auxiliaires, qui “annihilent tout effort de modernisation”. 

Nous voulons une justice qui soit protectrice de la population et l’épouvantail du délinquant. Elle doit dorénavant rassurer le vulnérable et soulager l’éprouvé”, martèle Abdoulaye Yaya, qui estime que “le règne de l’argent, de la forfaiture, et de l’abus de l’autorité doivent prendre fin”. 

Notre rôle est de faire en sorte que la loi dans son application par les juges reste impersonnelle”, a-t-il poursuivi, avant d’engager “les départements ministériels en charge des auxiliaires de justice, officiers de police, les gendarmes judiciaires et autres agents, à suspendre jusqu’à nouvel ordre, toute assistance requise afférente aux suspensions visées”. 

Pour leur part, “les responsables des structures étatiques impliqués dans la gestion du foncier” sont quant à eux “appelés, chacun en ce qui le concerne, à œuvrer pour la cohésion et le vivre ensemble des populations togolaises”.

Désormais, met en garde Abdoulaye Yaya, “tout individu surpris en train d’entraver cette décision, sera poursuivi pour vandalisme, destruction volontaire et autres”. 

Ces situations impliquant des bandes de malfaiteurs armés de machettes et de gourdins sont encore plus inquiétantes, car elles créent un environnement d’insécurité et de violence.

Fofonè KEKESSI a été déjà cité dans l’audition d’un de ses complices devant le juge il y a quelques mois, il avait dit ceci :

Je confirme que la parcelle de terrain, objet des lots n°X a été vendu par mon feu père à dame Ayawavi Vivena AKOSSOU et mon grand frère Patrick A. qui était le gardien de la parcelle pour elle.

C’est moi qui ai montré la parcelle à KEKESSI Fofonè et il a établi sur ladite parcelle, un faux reçu afin que nous puissions la revendre.
Je reconnais que par ce comportement, j’ai enfreint la loi et je demande à KEKESSI Fofonè de cesser les travaux afin que Mme Ayawavi Vivena AKOSSOU puisse juire de façon paisible de sa parcelle.

‹‹ Le groupe (malfaiteurs et usurpateurs de terrain) a pour chef KEKESSI Fofonè, c’est lui qui finance les opérations. C’est lui qui m’a fait intégrer dans le groupe (malfaiteurs et usurpateurs de terrain).
KEKESSI Fofonè m’a demandé de lui trouver un ancien reçu de mon père et nous avons falsifié sa signature sur ce reçu afin de pouvoir accomplir notre mission.

Nous avons érigé une clôture sur le terrain qui a suscité la réaction du vrai propriétaire. KEKESSI Fofonè m’a fait des promesses entres autres, et m’a acheté une moto qui est actuellement dans les mains des autorités compétentes.

Les cas d’usurpation foncière, tels que celui impliquant Monsieur Fofonè KEKESSI, constituent une menace sérieuse pour les acheteurs de bonne foi de terrains. Ces agissements illégaux ont des conséquences dévastatrices tant sur le plan financier que sur le plan émotionnel pour les individus qui se retrouvent piégés dans de telles situations.

Les usurpateurs fonciers, comme Fofonè KEKESSI, exploitent les failles du système pour s’approprier frauduleusement des propriétés qui ne leur appartiennent pas. Leur approche sans scrupules prive légitimes propriétaires de leurs biens, laissant ces derniers dans une situation précaire et souvent litigieuse. Les acheteurs de bonne foi, qui ont investi leur argent dans l’achat de terrains, se retrouvent alors confrontés à des litiges interminables, des procédures judiciaires complexes et des pertes financières considérables.

De plus, la complicité de certains avocats dans ces affaires de fraudes foncières aggrave encore plus la situation. Ces avocats sans éthique qui choisissent de s’associer aux usurpateurs pour des intérêts personnels participent activement à l’injustice et à l’insécurité juridique des acheteurs de terrains. Leur comportement compromet la confiance dans le système judiciaire et entrave la quête de justice pour les victimes innocentes de ces manigances.

Il est essentiel de sensibiliser le public aux risques liés à l’usurpation foncière et de renforcer les mesures de protection des propriétaires légitimes et des acheteurs de terrains. Une coopération efficace entre les autorités, les professionnels du droit et la société civile est nécessaire pour lutter contre ce fléau et garantir la sécurité juridique de tous les acteurs du secteur immobilier.

Le 19 juin 2024, Fofonè KEKESSI et trois de ses complices ont été extraits de prison pour être auditionnés par le juge. Le lendemain, un autre complice a été arrêté par la DCPJ. Actuellement, un certain Prince est toujours en fuite et est activement recherché par les forces de l’ordre.

Je recommande vivement à la population togolaise, en particulier à ceux de Lomé, qui ont des litiges fonciers avec Fofonè KEKESSI et sa bande, de profiter de cette occasion pour porter plainte contre lui. C’est une opportunité pour obtenir justice et faire valoir vos droits légitimes. Si vous êtes concerné par des affaires impliquant Fofonè KEKESSI, je vous encourage à agir rapidement et à tirer parti de cette situation pour faire avancer vos causes.

Affaire à suivre …

La rédaction

By Aristo