• 22 juillet 2024 23h10

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Régime présidentiel et régime parlementaire : ‹‹ Jeunesse togolaise, dans la lutte pour la libération du Togo, ne faites jamais confiance aux avocats…››

ByAristo

Mar 26, 2024

Maître Ocansey disait : « Jeunesse togolaise, dans la lutte pour la libération du Togo, ne faites jamais confiance aux avocats. Je suis avocat et je vous le dis avec insistance. »

Il est essentiel de comprendre les différences fondamentales entre un régime présidentiel et un régime parlementaire pour appréhender les enjeux de la transition entre ces deux systèmes politiques. Dans un régime présidentiel, le pouvoir exécutif est séparé du pouvoir législatif. Le Président est élu directement par le peuple et détient des attributions importantes, parfois renforcées par un système de checks and balances. En revanche, dans un régime parlementaire, le pouvoir exécutif émane du Parlement. Le Premier Ministre, chef du gouvernement, est généralement issu de la majorité parlementaire et doit rendre compte de ses actions devant le Parlement.

Dans le contexte togolais, la famille Gnassingbé règne sur le pays depuis plus de 50 ans, une longue période marquée par un système présidentiel fort où le Président exerce un contrôle considérable sur le gouvernement et les institutions. La possibilité d’une transition vers un régime parlementaire présente des implications majeures. Tout d’abord, un tel changement pourrait permettre au pouvoir exécutif de se diluer dans les diverses forces parlementaires, réduisant ainsi la concentration du pouvoir entre les mains du Président.

Cependant, cette transition doit être examinée avec prudence. Passer d’un régime à l’autre ne garantit pas nécessairement une plus grande démocratie ou une répartition équitable du pouvoir. Les enjeux de la transition vers un régime parlementaire au Togo soulèvent des débats sur la véritable intention derrière cette réforme constitutionnelle et sur les garanties nécessaires pour éviter une perpétuation du contrôle familial sur l’État.

La question de la séparation des pouvoirs, de l’indépendance de la justice et du respect des droits de l’homme restent essentiels dans ce débat. Il est crucial pour le peuple togolais de rester vigilant et de s’assurer que toute évolution du système politique servira véritablement l’intérêt général et favorisera la consolidation de la démocratie au Togo.

Le discours provocateur de Maître Ocansey, exhortant la jeunesse togolaise à se méfier des avocats dans la lutte pour la liberté du Togo, soulève des questions profondes sur les rôles et les responsabilités des professionnels du droit dans les mouvements de libération. Bien que les avocats soient traditionnellement perçus comme des défenseurs de la justice et des droits de l’homme, cet appel à la prudence met en lumière des préoccupations légitimes.

Dans de nombreux contextes historiques, des avocats ont été critiqués pour avoir servi les intérêts des puissants et maintenu le statu quo, plutôt que de s’engager pleinement dans la lutte pour la libération des populations opprimées. Leur allégeance à des systèmes juridiques souvent corrompus ou partiaux peut compromettre l’efficacité de leur action en faveur du changement social et politique.

De plus, la nature même du travail d’avocat, axé sur la représentation individuelle et la défense des droits de leurs clients, peut parfois entrer en conflit avec les objectifs collectifs des mouvements de libération nationale. Les avocats peuvent être contraints par les limites du système juridique existant, les lois répressives ou les pressions politiques, ce qui peut limiter leur capacité à contribuer pleinement à des luttes plus larges pour la justice et la démocratie.

En fin de compte, cette mise en garde de Maître Ocansey soulève des questions importantes sur la nécessité pour les avocats de réfléchir à leur rôle et à leur responsabilité dans les luttes pour la libération. Plutôt que de simplement agir en tant qu’intermédiaires légaux, les avocats doivent être prêts à remettre en question les structures injustes, à défier les injustices et à défendre les intérêts du peuple avant tout.

La confiance aveugle envers les avocats, comme le souligne Maître Ocansey, peut parfois être une entrave à la véritable libération.

La rédaction.

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