• 21 avril 2024 10h38

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Acte 4 et fin : La pratique du Fa

ByAristo

Nov 20, 2023

La pratique de l’Ifa repose soit sur l’utilisation de 16 noix sacrées et de la planche d’Ifa (grand jeu) ou du chapelet divinatoire, « l’Opèlè » et un plateau de divination nommé : « ọpọn ifá » en yoruba (le petit jeu).

Le chapelet est  constitué de 8 semi-amandes de pommes cannelles consacrées et enfilées sur une ficelle d’une certaine longueur et nommée « ọpẹlẹ » en yoruba ou « agumaga » en fon. Il est tenu par le milieu de sorte à former deux branches, mâle et femelle, constituée chacune de 4 demi-amandes. Quelle que soit la méthode utilisée, la transcription de l’oracle est la même.

Avec le chapelet, pour obtenir une réponse conséquente, la consultation nécessite trois lancements, un lancement principal et deux complémentaires. Pour chaque opération, le prêtre d’Ifa, le Babalawo réalise un lancement du chapelet après un rituel donné.
Selon que les demi-noix retombent  sur la partie concave (ouverte) ou convexe (fermée), il transcrit  le signe apparu sur le plateau de divination  par une valeur simple : I (position ouverte) ou double : II (position fermée).

Ainsi, chacune des deux branches du chapelet peut présenter l’une quelconque des 16 combinaisons possibles ci-dessous ou combinaisons de base ou figure mère de l’oracle Ifa.

Les 16 figures mères fondamentales d’Ifa, avec leur nom en yoruba et en fon.

L’ordre dans lequel elles sont données est celui-ci accepté par la majorité des devins d’Afrique de l’Ouest, même s’il peut exister de petites variations selon les régions

Le chapelet ayant deux branches,  l’assemblage des deux colonnes donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons (odu)  en yorouba ou (dou)  en fon  qui représentent les 256 possibilités de vies humaines. Le nom de chacune des 256 combinaisons est construit à partir des deux figures mères qui la composent, la colonne de droite en premier car elle est considérée comme plus puissante et plus déterminante, elle représente le signe même, tandis que la colonne de gauche représente la maison. Lorsque les deux colonnes sont identiques, on parle de figure meji (double). Il en existe 16 qui représentent les 16 maisons géomanciques.

Les bienfaits

Quels sont les autres bienfaits du Fa pour la société ?

Il y a beaucoup d’autres aspects parce que le Fa, à part son caractère visionnaire, est également un conseiller par excellence. Le Fa est également « médecin » parce que rien qu’à partir des tracés du Fa, nous pouvons guérir les maladies les plus élémentaires qui se présentent à nous. Il y a d’autres potentialités sur le plan de la prospérité. Nous avons beaucoup de vertus du Fa que nous pouvons utiliser pour harmoniser le foyer, pour retrouver un emploi, pour faire prospérer une société, pour assurer sa protection et son autodéfense. C’est un gisement de potentialités.

Le Fa aide l’homme auquel il se reflète à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse. A la grande noces des civilisations, que laisse présager la nouvelle ère au début de laquelle nous sommes, l’Afrique des traditions ésotériques aura beaucoup à apporter l’humanité.

Au stade actuel de l’évolution de l’humanité, l’homme a besoin de savoir pour agir et le Fa est la seule science divinatoire actuelle pouvant révéler l’avenir tout en se proposant d’aider l’homme à y faire face par des moyens appropriés. Par le Fa et à travers le Fa s’ouvrent à l’homme de nouvelles perspectives, il peut sinon changer son destin ou du moins le modifier dans le sens du mieux pour mieux se connaître et mieux s’assumer.

Les dangers du Fa

Il n’y a aucun danger si les rituels sont bien respectés.

Les dérives de la consultation de l’Ifa ou du Fa :

L’Ifa ou Fa, prospecte tous les domaines de la vie sociale de l’individu : naissance, difficultés d’accouchement, travail, emploi, entreprise quelconque, mariage, vie du foyer, décès,  etc.  Il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse, en suivant les conseils de l’oracle et en réalisant les sacrifices rituels, généralement modestes, prescrits. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

Toutefois, la consultation d’Ifa est bénéfique et sans risque pour quiconque qui s’en réfère, à condition, sous entendu, d’exécuter les sacrifices prescrits. A la réflexion, théoriquement, le risque est de subir des dommages ou d’affronter des obstacles évitables et contre lesquels l’oracle vous aura prévenu.

Mais en réalité le risque semble plus grand que cet aspect. Il est écrit que tu ne tenteras pas l’Eternel ton Dieu et consulter sans sacrifier apparaît comme une forme de défi de la divinité du destin.

Ou s’arrête la colère de la divinité, ou commence les représailles possibles des prêtres d’Ifa ‘babalawo et bokonon)  qui ont officié la consultation et pour qui cela représente un manque à gagner ?
Seules la probité et  l’intégrité de ces distingués hommes peuvent en faire foi.  Aussi faut-il être bien conseillé pour ne pas tomber sur les faux dévots, nombreux dans la profession et qui font le business d’Ifa et les vrais maîtres pour qui l’aspect financier est secondaire.

Est-ce à dire que seul le Bokono peut donner le Fa ?

D’abord lorsqu’on parle de tradition, je veux qu’on s’entende sur le fait qu’il s’agit bien de la tradition évolutive. Un guérisseur traditionnel doit consulter le Fa avant de traiter n’importe quelle maladie avec les feuilles. Le Fa peut lui dire OUI comme il peut dire NON.

Quelqu’un peut attraper une maladie des suites d’une malédiction ou parce qu’il a été incorrect avec une personne âgée. Dans le premier cas, des feuilles peuvent le guérir. Mais dans le second cas, seul un repenti sincère peut le guérir. C’est le Fa qui détermine tout cela. Je vous donne l’exemple d’un jeune homme qui s’est rendu chez un guérisseur traditionnel parce qu’il avait des maux de tête. Après avoir consulté le Fa, le guérisseur lui a dit qu’aucun médicament ne peut le guérir.

Tout ce qu’il a à faire, c’est de retourner à la maison demander pardon à sa mère qu’il a offensée, ou alors il ne guérira jamais. Aucun vodounno ne peut installer son vodoun sans consulter le Fa. Vodoun est composé de deux mots : le Vau qui signifie le Fètomè, la maison de Dieu et le Edou qui qui signifie Fa, dans le langage Evé. Le vodounno consulte donc le Fa qui lui dit le signe sous lequel il doit installer son vodoun. Les vodounno et les guérisseurs traditionnels ne peuvent donc exercer sans consulter au préalable le Fa.

Y a-t-il des femmes Bokonons ?

Oui, mais elles sont en nombre très réduit. Ceci parce qu’il y a des endroits où une femme en âge de procréer ne peut aller. Lorsque vous mettez les pieds dans ces milieux, vous n’aurez plus jamais d’enfants. Il y a des choses que la femme en période de menstruation ne doit pas faire. C’est pour cette raison qu’on exige que la femme atteigne un certain âge avant d’être Bokonon. Mais la femme peut prendre le Fâ. Elle peut aller dans la forêt de Fâ et connaître son Dou.

L’avenir

Le Fa aide l’homme auquel il se reflète à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

A la grande noce des civilisations, que laisse présager la nouvelle ère au début de laquelle nous sommes, l’Afrique des traditions ésotériques aura beaucoup à apporter l’humanité. Au stade actuel de l’évolution de l’humanité, l’homme a besoin de savoir pour agir et le Fa est la seule science divinatoire actuelle pouvant révéler l’avenir tout en se proposant d’aider l’homme à y faire face par des moyens appropriés.
Par le Fa et à travers le Fa s’ouvrent à l’homme de nouvelles perspectives, il peut sinon changer son destin ou du moins le modifier dans le sens du mieux pour mieux se connaître et mieux s’assumer.

A-t-on forcément besoin de prédire l’avenir ?

On ne peut pas naviguer à vue. Il faut prévoir l’avenir. Aujourd’hui, on fait des prévisions dans les domaines scientifique, climatique et autres. Même dans les cinquante prochaines années, il faut connaître l’avenir afin de prendre les mesures qui s’imposent.

La rédaction

By Aristo