• 18 mai 2024 19h51

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

AFRICA50: ‹‹ Ensemble, nous ferons de l’Afrique le centre de l’infrastructure verte dans le monde. ›› Dixit Dr. Akinwumi A. Adesina Président du Groupe de la BAD

ByAristo

Juil 3, 2023

Le président de la Banque africaine de développement, M. Akinwumi Adesina, présent, avec des dirigeants africains et des experts mondiaux, au Forum Infra pour l’Afrique et à l’Assemblée générale des actionnaires d’Africa50, ce 3 et 4 juillet 2023 à Lomé, au Togo. M. Adesina est président du conseil d’administration d’Africa50.

Cette année, le forum a pour thème « Bancable, évolutif, reproductible ».

En matière d’infrastructures – énergie, transport et logistique, chemins de fer –, la plupart des régions d’Afrique s’avèrent encore à la traîne par rapport aux niveaux mondiaux de couverture. Combler ce déficit d’infrastructures est important pour le développement de l’Afrique et du monde, car cela permet de réduire la pauvreté, de promouvoir l’intégration régionale et d’atténuer les effets du changement climatique.

VOICI L’INTÉGRALITÉ DU DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT CI-DESSOUS :

Son Excellence Monsieur Faure Gnassingbé,

Président de la République du Togo,

Son Excellence Madame Victoire Dogbé,

Première ministre de la République du Togo,
Mesdames et messieurs les ministres, en particulier monsieur le ministre des Finances, Sani Yaya,

Monsieur le Directeur Général d’Africa50, Alain Ebobissé,

Mesdames et Messieurs les membres des Conseils d’administration d’Africa50,

Mesdames et messieurs les actionnaires d’Africa50,

Mesdames et messieurs les partenaires d’Africa50

Mesdames et messieurs les membres de la direction et du personnel d’Africa50
Mesdames et Messieurs,

Bonjour à tous !

J’ai l’immense plaisir de vous accueillir à l’Assemblée Générale 2023 d’Africa 50 – et au Forum Infra d’Africa50 pour l’Afrique.

Permettez-moi tout d’abord de remercier mon cher frère, S.E. Monsieur Faure Gnassingbé, Président de la République du Togo, d’avoir accepté d’accueillir l’Assemblée Générale 2023 d’Africa50 et d’avoir personnellement rehaussé cet événement de sa présence.

Je tiens également à remercier la Première ministre madame Victoire Dogbe et le ministre Sani Yaya pour leur soutien indéfectible.

Je souhaite tout particulièrement la bienvenue à tous les honorables ministres et représentants des actionnaires, aux hauts fonctionnaires, aux membres du Conseil d’administration d’Africa50, au Directeur général (Alain Ebobissé), à la Direction et au personnel d’Africa50, ainsi qu’aux hauts représentants des institutions partenaires, dont deux vice-présidents du Groupe de la Banque africaine de développement.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Il y a tout juste dix jours, certains d’entre nous étaient à Paris lors du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial organisé à l’initiative du Président Emmanuel Macron.

Au cœur des discussions, la question de savoir comment débloquer davantage de ressources à l’échelle mondiale pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, lutter contre le changement climatique, résoudre les problèmes d’endettement auxquels sont confrontés les pays et combler les déficits de financement des infrastructures dans le monde.

L’Afrique aura besoin de 277 milliards d’USD par an jusqu’en 2030 pour atteindre ses objectifs en matière de financement de la lutte contre le changement climatique et stimuler la croissance verte, conformément aux contributions déterminées au niveau national.
Il faudra beaucoup plus de ressources pour soutenir le développement accéléré de l’Afrique, la croissance verte et l’intégration régionale, en particulier en matière dans le domaine des infrastructures.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

C’est pourquoi, la semaine dernière à Paris, j’ai souligné la nécessité de réacheminer les droits de tirage spéciaux (DTS) vers la Banque africaine de développement. En effet, la Banque africaine de développement peut multiplier par 3 ou 4 l’effet de levier des DTS. Cela permettrait de mobiliser beaucoup plus de financement pour également soutenir toutes les banques régionales de développement en Afrique, ainsi qu’Africa50.
Une réaffectation de 250 milliards d’USD de DTS vers les banques multilatérales de développement permettrait de dégager jusqu’à 1 000 milliards d’USD de nouveaux financements pour le développement à l’échelle mondiale.

Je suis heureux de constater que le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a salué la proposition de la Banque africaine de développement d’utiliser les DTS pour débloquer des financements au niveau mondial. Cette mesure permettra de débloquer des ressources pour financer l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, les infrastructures agricoles, les transports, le numérique, les aéroports, l’eau et l’assainissement, l’éducation, ainsi que la santé.
Les nouvelles ressources permettront de soutenir le Togo et d’autres pays africains.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Le Togo est un pays qui se transforme rapidement, avec l’objectif de devenir un centre de transit régional essentiel pour l’Afrique de l’Ouest ; une plaque tournante régionale pour le transport aérien, avec ASKY Airlines comme acteur majeur ; une plaque tournante régionale pour le transport maritime et la logistique, le port de Lomé étant désormais un port de transit essentiel.
L’aéroport de Lomé est un aéroport moderne qui répond aux normes mondiales en matière de systèmes de sécurité.

Le Togo investit également beaucoup dans les infrastructures routières et de transport, en tant que composante clé de l’autoroute Lagos-Abidjan et du corridor Togo-Burkina Faso, pour le renforcement de l’intégration régionale.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

La Banque africaine de développement a investi massivement au Togo.

La Banque est le plus grand partenaire de développement du pays, très impliquée dans l’appui au secteur agricole. Nous avons investi plus de 32 millions d’USD pour promouvoir une croissance inclusive de ce secteur avec la participation du secteur privé, et renforcer la souveraineté alimentaire en réduisant l’importation d’aliments essentiels tels que le riz, le maïs et le soja.

La Banque africaine de développement a fourni 60 millions d’euros pour la construction et l’exploitation d’un terminal à conteneurs pour le Togo. La capacité du terminal à conteneurs a ainsi été portée à 1,5 million d’équivalents conteneurs de vingt pieds.

La Banque a soutenu la stratégie gouvernementale pour l’emploi des jeunes en allouant 24 millions d’USD à des PME à fort potentiel de croissance créées par des jeunes, sous la forme de services financiers et non financiers.

La Banque a facilité le développement de 20 000 logements abordables grâce à une assistance technique de 5 millions d’USD destinée à aider le gouvernement à préparer la structuration de ce projet unique.

La Banque a soutenu le projet d’électrification rurale avec 3,7 millions de dollars pour fournir l’électricité à 317 communautés à travers cinq régions, en utilisant des mini-réseaux solaires, pour contribuer à l’objectif du Togo d’atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.

Je suis également heureux de souligner que le Groupe de la Banque africaine de développement a financé l’infrastructure pour la reconstruction des marchés au Togo, en particulier le marché de Kara, afin de stimuler les activités économiques et l’accès des citoyens aux marchés pour les produits de base.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Je suis aussi particulièrement ravi, Monsieur le Président, qu’Africa50 s’engage dans un recyclage d’actifs avec le Togo sur l’un des projets PPP financés par le gouvernement et un investisseur privé régional.

Africa50 fait un travail remarquable en tant qu’institution, en développant des projets jusqu’à leur bancabilité et en les finançant. Notre objectif principal est de contribuer à combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique, qui est de l’ordre de 68 à 108 milliards de dollars par an.

Au cours de ses six dernières années d’activité, Africa50 a obtenu le soutien de toute l’Afrique et compte aujourd’hui 31 pays africains parmi ses actionnaires et 3 investisseurs institutionnels africains.
Avec un capital total souscrit d’un peu moins d’un milliard de dollars, Africa50 a investi dans des infrastructures essentielles d’une valeur totale de plus de 6,6 milliards de dollars.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Africa50, en collaboration avec la Banque africaine de développement, investit dans le projet hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun, qui fournira 420 MW et augmentera la capacité installée du pays de 25 %.

Africa50 et la Banque africaine de développement ont co-investi dans le projet de centrale thermique de Malicounda au Sénégal, qui fournira 120 MW d’électricité. La centrale a été inaugurée au début de cette année.

L’investissement d’Africa50 dans la centrale électrique d’Azura produit 461 MW d’électricité dans une entreprise qui fournit environ 10 % de la capacité de production effective actuelle du Nigéria.

Africa50 a investi dans les six centrales solaires de Benban qui fournissent 400 MW d’électricité en Égypte, dans le cadre du parc solaire de 1 500 MW, l’un des plus grands au monde.

Dans les secteurs de l’énergie, des transports et de la logistique ou des infrastructures numériques, Africa50 joue progressivement et rapidement un rôle stratégique pour combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Le travail stratégique en cours est facilité par le déploiement du Fonds d’accélération des infrastructures en Afrique, d’une valeur de 500 millions de dollars, première plateforme d’infrastructure à véhicule d’investissement privé lancée par Africa50. L’équipe complète du Fonds est en place, et elle est déjà en train d’assurer le financement de ses investissements.

La Banque africaine de développement est heureuse d’investir 20 millions d’USD dans le Fonds, un investissement catalytique qui a permis d’attirer un nombre important d’investisseurs institutionnels.

Je suis très ravi qu’Africa50 et plus de 10 investisseurs institutionnels africains signent leurs accords de souscription ou leurs lettres d’intention pour engager des capitaux dans le Fonds. C’est impressionnant et c’est une première en Afrique.

Avec le Fonds, nous permettons à Africa50 de jouer un rôle de premier plan dans l’exploitation des 98 000 milliards de dollars d’actifs gérés dans le monde.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Nous pouvons faire beaucoup plus pour combler le déficit d’infrastructures en Afrique. La plupart des infrastructures n’ayant pas encore été construites en Afrique, nous avons une excellente opportunité de construire des infrastructures vertes et de verdir les infrastructures existantes. L’Afrique dispose d’un énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables.

C’est pourquoi la Banque africaine de développement et ses partenaires investissent 20 milliards de dollars dans le projet « Desert to Power », qui vise à développer 10 000 mégawatts d’énergie solaire dans onze pays de la zone sahélienne de l’Afrique, afin de fournir de l’électricité à 250 millions de personnes.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

C’est cette ambition qui sous-tend également la création conjointe de l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA), entre la Banque africaine de développement, Africa50 et l’Union africaine. L’AGIA mobilisera 100 millions de dollars pour la préparation de projets, 400 millions de dollars pour le développement de projets et 10 milliards de dollars pour le financement de projets d’infrastructures vertes.

Cette initiative couvrira notamment l’hydrogène vert, les systèmes de transport urbain verts, les véhicules électriques et les infrastructures de recharge des batteries, les énergies renouvelables, l’eau et l’assainissement.

Je me réjouis que l’AGIA ait accueilli neuf chefs d’État et de gouvernement africains au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, ainsi que plusieurs partenaires au développement, promoteurs de projets et institutions de financement. La Banque africaine de développement, la Commission de l’Union africaine et Africa50 jouent un rôle de premier plan dans l’AGIA.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

L’avenir de l’Afrique est vert, alors verdissons toutes les infrastructures africaines.
Ensemble, nous ferons de l’Afrique le centre de l’infrastructure verte dans le monde.

Africa50, la Banque africaine de développement et nos partenaires feront de ce projet une réalité.

Je vous remercie tous pour le soutien que vous apportez à Africa50.

Je vous souhaite à nouveau la bienvenue !

Je vous remercie de votre attention.

By Aristo