• 18 mai 2024 3h43

Miadé Bé Nou

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Entraves politiciennes au développement local : David Dosseh fustige le «zèle pathologique», l’«égoïsme sans borne » et la «méchanceté inégalée » de certains cadres du pouvoir

ByAristo

Oct 25, 2022

Empêcher les activités politiques de l’opposition, c’est la routine. Entraver la construction d’ouvrages sociocommunautaires au profit des populations pauvres, c’est inhabituel. C’est pourtant ce que subissent les Universités sociales du Togo (UST), dans le déploiement du volet social de leurs actions au registre du Programme jeunesse triennal (PJT) mis en œuvre depuis août 2019 grâce à des partenaires. « Zèle intempestif et pathologique de la part de certains responsables locaux », «égoïsme sans borne », «méchanceté inégalée » de certains cadres du parti au pouvoir, ce sont les maux dénoncés par Prof David Dosseh.

Ayant appris les actions sociocommunautaires des UST, un natif d’un village de la commune de Wawa 2 sollicite cette organisation afin qu’elle soutienne la réhabilitation de la case de santé de la localité et aide également à la doter d’un infirmier et d’une sage-femme. La requête est acceptée et une mission exploratoire est décidée afin d’en évaluer la faisabilité. Mais un sabotage (sic) a eu lieu dans l’entourage du requérant et l’information de sa démarche atterrit dans les oreilles des cadres du parti au pouvoir (sic). Les réactions ne tardent pas à tomber, comme si l’initiative était illégitime et nuisible aux populations. Les pressions pleuvent de toutes parts et le natif finit par renoncer à sa requête et la visite de la délégation des UST est annulée. Et de facto, la rénovation de la case de santé et tout ce qui va avec, aux dépens des habitants.

Quelques mois plus tôt, c’est dans la préfecture de Haho que les UST étaient empêchées d’aider les populations. L’OSC devrait tenir un camp jeunesse rassemblant une quarantaine de jeunes à Asrama les 11, 12 et 13 avril derniers et construire à Klotchome Edouhoue, une petite localité dépourvue d’électricité, une installation solaire et un bloc de trois (03) latrines pour un coût total d’un million sept cent mille (1 700 000) FCFA, sur demande des populations. Les démarches administratives idoines sont menées, les autorités locales dont le maire de la commune de Haho 2 Sossou Ayidoté tout content, plusieurs missions préparatoires organisées. Mais à une semaine de la tenue du camp, le chef canton d’Asrama, Togbui Mawuko Komlan Edo II enclencha les manœuvres, exigeant du Coordonnateur des UST l’autorisation du préfet Awo Tchangani. Ce dernier contacté par David Dosseh, réclame le OK du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires Payadowa Boukpessi. Au grand étonnement de son interlocuteur qui tombe des nues qu’en pleine décentralisation, il en soit en ainsi. « Il serait bien que vous vous adressiez au ministre de l’Administration territoriale. Si vous ne pouvez pas le faire, là on suspend l’activité et vous pouvez faire ça ailleurs », aurait dit en substance le préfet Awo Tchangani » au Coordonnateur des UST. C’est ainsi que la réalisation de ces ouvrages au profit des populations de Klotchome Edouhoue a été entravée et annulée, les habitants sevrés donc.

Enfin, c’est à Glidji, dans les Lacs que le zèle des autorités locales s’est encore manifesté négativement. En prélude à la fête Epé-Ekpé de cette année, un camp réunissant des dizaines de jeunes d’horizons divers devait permettre de réaliser des travaux d’intérêt communautaire comme la rénovation du dispensaire et l’installation de lampadaires solaires. Les activités avaient bien démarré, avec le soutien apprécié des autorités traditionnelles. Mais les entraves administratives n’ont pas tardé à survenir.

« Il y a un zèle intempestif et pathologique évident de la part de certains responsables locaux. Certains cadres du parti au pouvoir, empêtrés dans un égoïsme sans borne et une méchanceté inégalée, sont également en cause. Ils ont tout le confort chez eux, mais pour des raisons politiciennes, ils empêchent des concitoyens d’apporter un minimum de soulagement à des communautés en situation précaire », fustige Prof David Dosseh, et de lancer : « Il faut que ça cesse !». Le Coordonnateur des UST enrage face aux préjudices causés aux populations pauvres par ces entraves des zélateurs du pouvoir. « Les travaux communautaires répondent à des besoins exprimés par les populations elles-mêmes et nous essayons d’y répondre. Vous n’imaginez pas combien une latrine publique ou un simple lampadaire peut changer la vie d’une communauté. Je suis indigné de voir des représentants locaux être ceux qui contribuent à perpétuer le malheur de leurs propres communautés », peste le Coordonnateur des UST, qui y voit un coup sérieux porté à la décentralisation proclamée : « Au Togo on comprend que la nostalgie d’un pouvoir central fort amène à dépouiller les élus locaux de leurs compétences. Le pouvoir ne veut rien lâcher et la décentralisation est en souffrance ».

Manifestement, c’est sa personne, notamment son opposition à la gouvernance actuelle et pour l’alternance au Togo qui lui vaut personnellement et aux UST toutes ces entraves. Mais il y voit de la mauvaise foi et une confusion entre gestion de la cité et politique politicienne.  « Si c’est de la politique politicienne, alors allons au bout de la logique : que ceux-là prennent la décision aussi de fermer le Service des urgences chirurgicales du CHU-SO et le bloc chirurgical du Pavillon militaire du CHU-SO dont j’ai largement contribué à la réhabilitation ou à l’équipement par un lobbying auprès des partenaires du Togo ». Par ces propos sur fond de menace tacite, David Dosseh relève, pour la gouverne de ceux qui ne le savaient pas, sa partition, fait observer que c’est grâce à l’opposant qu’il est que ces services du CHU-SO ont été réhabilités.

Qu’à cela ne tienne, il en faudra plus pour le démotiver et pousser à abdiquer. « Quand vous avez une jeunesse à construire, des communautés dans le besoin, vous ne pouvez pas baisser les bras ».

Source: letabloid.tg

By Aristo