• 21 février 2024 13h17

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Le peuple souverain dans la démocratie et la République: Marche de la DMP interdite, la tournée de l’ANC à Dapaong en souffrance même le café citoyen de la GMC qui devrait se tenir dans une salle interdit

ByAristo

Jan 29, 2024

Comment quelqu’un peut faciliter le dialogue à l’international et continue de fermer la bouche à sa population pour des simples réunions citoyens ?

Les régimes politiques sont le fruit du jeu des forces politiques dans le cadre institutionnel défini par la Constitution ou par la coutume. S’ajoutent d’autres facteurs, historiques, idéologiques, culturels, qui déterminent la nature des régimes politiques.

Tous les régimes politiques ne sont pas démocratiques. Les démocraties se distinguent par l’existence d’une pluralité de partis politiques, par la liberté de choix laissée aux citoyens et par la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

La démocratie est le régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple, constitué de citoyens libres et égaux. Le peuple souverain exerce le pouvoir politique par l’intermédiaire de ses représentants élus. La démocratie place l’origine du pouvoir politique dans la volonté collective des citoyens et elle repose sur le respect de leur liberté et de leur égalité. On voit bien que l’exercice de la souveraineté politique en démocratie, exige que le peuple soit véritablement constitué de citoyens.

Quelle différence entre démocratie et république ? La démocratie, telle qu’elle est comprise aujourd’hui, est avant tout le régime politique organisé de façon que les citoyens disposent de la plus grande liberté de conduire leur vie pour la satisfaction de leurs intérêts personnels. Elle fait la promotion de la mobilité « globale » de l’individu, reconnu d’abord par ses caractéristiques socio-économiques. Elle conduit à la prise en considération des « différences » au détriment de l’égalité, et à l’émergence dans tous les domaines du « pouvoir des plus forts » au détriment de la solidarité. L’actualité du concept mondialisé de démocratie propose l’effacement de la nation au profit de structures supranationales d’autorité, sans réelle légitimité populaire, s’appuyant sur le pouvoir et l’expertise des grands acteurs de l’économie globalisée.

La république, qui prétend placer l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers, voudrait au contraire confiner les particularismes au domaine privé, pour assurer l’égalité en droits et en dignité de tous les citoyens, constituant un peuple solidaire dans un espace public commun. Elle devrait assurer la solidarité et l’équité dans le cadre politique de la nation, qui ne reconnaît que des citoyens, tous acteurs politiques à égalité et participant dans l’espace public à une même vie commune, et pour cela, conserver la maîtrise politique du destin de la nation, au profit et sous le contrôle du peuple souverain. Le peuple, ce n’est pas la populace méprisée par certaines élites dévoyées, ni même les seuls « prolétaires »… Le peuple souverain, c’est l’ensemble des citoyens de la nation. Et le souci de gouverner dans l’intérêt général, sans oublier la solidarité nationale pour les plus défavorisés, ne peut recevoir le qualificatif méprisant de populisme, que de la part de ceux qui n’acceptent pas la République.

La liberté d’expression et le libre manifestation des citoyens au Togo sont des sujets importants qui soulèvent des questions fondamentales sur la démocratie et les droits individuels. Alors que le pays cherche à faciliter le dialogue à l’international, il est crucial d’examiner comment ces efforts coexistent avec la réalité de la répression de la liberté d’expression et de manifestation à l’échelle nationale.

La liberté d’expression est un pilier fondamental de toute société démocratique. Elle permet aux citoyens de faire entendre leur voix, d’exprimer leurs opinions et de contribuer au débat public. Cependant, au Togo, de nombreux citoyens sont confrontés à des obstacles importants lorsqu’ils tentent de faire valoir leurs droits à la libre expression. Des manifestations pacifiques sont souvent réprimées par les autorités, et les médias sont étroitement surveillés, limitant ainsi la portée des voix dissidentes.

Cette situation soulève la question de savoir comment un gouvernement peut chercher à faciliter le dialogue à l’international tout en continuant de restreindre la liberté d’expression à l’intérieur de ses frontières. Il apparaît clairement un écart entre les engagements internationaux et la réalité de la situation sur le terrain. Pour faciliter un dialogue efficace à l’international, il est essentiel que le gouvernement togolais reconnaisse et respecte les droits de ses citoyens à s’exprimer librement.

La répression de la liberté d’expression et de manifestation limite la capacité des citoyens à s’engager pleinement dans la vie politique et sociale de leur pays. Cela peut également nuire à la réputation internationale du Togo et compromettre sa crédibilité en matière de respect des droits humains. En encourageant un environnement ouvert et inclusif pour le dialogue national, le gouvernement togolais pourrait non seulement renforcer sa légitimité aux yeux de sa population, mais aussi gagner la confiance de la communauté internationale.

Il est impératif que les dirigeants togolais reconnaissent l’importance de la liberté d’expression et du libre manifestation pour la stabilité et la prospérité à long terme de leur pays. En favorisant un espace public dynamique et diversifié, le Togo peut renforcer la participation citoyenne et favoriser un dialogue constructif entre les différents acteurs de la société. Cela contribuerait à consolider les fondements d’une démocratie véritable et à favoriser le développement durable du pays.

En fin de compte, la question de la liberté d’expression et du libre manifestation au Togo est intimement liée à la capacité du pays à favoriser un environnement propice au dialogue et à l’engagement des citoyens, tant au niveau national qu’international. En reconnaissant les bénéfices mutuels d’une société ouverte et inclusive, le Togo pourrait ouvrir la voie à un avenir plus prometteur et harmonieux pour l’ensemble de sa population.

La rédaction

By Aristo