• 21 avril 2024 12h07

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

SAM 2023 à Lomé: « Nous ne parviendrons pas à sortir nos populations de l’ornière, si nous ne prenons pas en compte leurs besoins sous leurs différentes formes. » Dixit Mazamesso Assih

ByAristo

Oct 18, 2023

A l’ouverture officielle de la 6e édition de la Semaine africaine de la microfinance (SAM) prévue le 16 au 20 octobre 2023 à Lomé, se sont ouverts les ateliers thématiques sous les regards des autorités togolaises et les experts en finance dans divers pays.

Les 1300 experts et délégués planchent sur plusieurs thématiques notamment « l’innovation technologique au service de l’action climatique ; l’analyse à l’impact : favoriser une finance inclusive verte à travers l’évaluation des besoins et la mesure de l’impact ; l’analyse de la montée des risques liés à la sécurité dans le Sahel et la mise en place d’un mécanisme de garantie pour y faire face ».

VOICI L’INTEGRALITE DU DISCOURS DE MADAME LA MINISTRE AUPRÈS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE EN CHARGE DE L’INCLUSION FINANCIERE ET DE L’ORGANISATION DU SECTEUR INFORMEL CI-DESOUS:

Accueillir après d’autres pays ce rendez-vous à la fois attendu et prestigieux, honore le Togo pour le choix porté sur lui dans la promotion de l’inclusion financière ces dernières années. Votre arrivée dans notre capitale coïncide bien avec un contexte tout particulier. Conscient de l’extrême vulnérabilité de nos populations, et eu égard à la cartographie de la pauvreté de nos différentes régions, le Togo s’est très vite résolu à se doter d’un ministère dédié à la question fondamentale de la microfinance et, partant de l’inclusion financière et de l’organisation du secteur informel. Les deux thématiques allant de pair, car engageant de façon spécifique, l’avenir et le vivre ensemble de nombreux hommes et femmes de notre pays. Nous n’avons pas choisi ce chemin par mimétisme ou par suivisme mais dans le respect des choix que nous imposait l’avenir et le bien-être de nos populations.

Le thème que vous avez choisi pour cette édition démontre s’il en était besoin que nos politiques et nos programmes de gouvernement doivent s’inscrire dans la durabilité. Cette dernière devrait se fonder avant tout sur deux piliers :  

◦          L’inclusion : non pas dans son sens le plus stricte, c’est-à-dire, ce que les politiques de façon générale nous apprennent en parlant de la finance inclusive mais plutôt et surtout dans la prise en compte des préoccupations majeures de nos concitoyens à travers les mécanismes rôdés de gestion du quotidien des personnes concernées ;

◦          La lutte pour la réduction sensible de la pauvreté : les chocs exogènes auxquels nous faisons face, gouvernants comme administrés, nous imposent le choix réaliste d’un travail pragmatique dans le but de réduire à sa plus simple expression l’impact de la pauvreté sur nos populations.

Au-delà du travail remarquable des équipes des techniciens et des experts, en vue de trouver les voies les plus appropriées pour juguler les différentes crises auxquelles nous faisons face, force est de constater que nous devons toujours faire plus.

Je veux ici saluer la confiance et la discipline de tous ces braves femmes et hommes dont l’effort de remboursement parfois anticipé témoigne de leur fidélité depuis presque dix ans. Grâce à eux, la progression du taux d’inclusion financière est constante dans l’espace UEMOA.

En créant en 2020, un ministère dédié à cet effet, l’ambition du TOGO est de faire de l’inclusion financière un axe majeur dans le renforcement de la cohésion sociale et l’atteinte des objectifs assignés à la feuille de route gouvernementale 2020-2025. Nous comptons à juste titre, partager au cours de ces jours, les recettes qui nous ont permis d’arriver à ces résultats mais également nous imprégner des succès des différentes délégations.

Notre stratégie d’inclusion financière en plus d’avoir démontré sa capacité de résilience, montre qu’il est plus qu’urgent de continuer par investir dans le soutien, l’accompagnement des populations les plus vulnérables.

Les enjeux auxquels nous faisons face sont multiformes et je crois que c’est ce que vous avez voulu démontrer à travers le thème de cette édition 2023 dans notre chère capitale.

Le thème n’est pas que multiforme, il est tout aussi holistique. Parce qu’il prend en compte toutes les variantes qui engagent l’avenir de notre continent : la pauvreté, la microfinance, l’inclusion, l’environnement, la sécurité, etc. Il s’agit donc pour nous de faire de l’inclusion un enjeu particulier pour que toutes les citoyennes et tous les citoyens, en situation de handicap ou non, puissent trouver leur part dans la communauté que nous voulons construire, société dans laquelle, personne ne peut et ne doit être laissée sur le carreau.

Sur le plan environnemental, le programme de reboisement de nos différentes villes avec comme pour objectif la mise en terre de plus d’un million d’arbres, vient confirmer la volonté du gouvernement togolais à prendre la question du développement non seulement sous son aspect le plus global mais également le plus urgent. Nous ne parviendrons pas à sortir nos populations de l’ornière, si nous ne prenons pas en compte leurs besoins sous leurs différentes formes.

Mesdames et messieurs, chers invités, je souhaite vivement que ces cinq jours d’assises puissent nous permettre de réfléchir aux voies appropriées qui nous aideront à aller au-delà des vœux pieux de nos salons feutrés. Nous nous devons de voir en face la réalité que vivent les populations qui ne demandent qu’à prendre le train en marche. L’innovation du Togo, en cette session, qui consiste à réunir les bénéficiaires en une exposition répond justement à cet impératif. Face à face, discutons avec les personnes que nous clamons aider, accompagner et soutenir. Regardons-les en face. Écoutons-les à travers leurs paroles, leurs œuvres et leurs expositions. Nous en ressortirons certainement plus outillés pour parler en leur nom et les accompagner efficacement.

Nous savons tous que pour parler efficacement de développement durable, nous devons être en mesure de faire le lien entre les problèmes environnementaux et sociaux auxquels nous faisons face au quotidien. L’expérience nous a montré qu’on ne peut plus séparer et traiter de façon différente ces deux enjeux. L’un ne va plus sans l’autre. Conscient de ce paradigme, je voudrais nous inviter à prendre en compte, dans les réflexions et analyses, ce que vivent les populations des nations au sud du Sahara en matière d’écologie, d’impact climatique, de dégradation du tissu social et environnemental.

Mesdames, Messieurs

Dans l’élaboration de nos diverses stratégies de lutte contre la pauvreté et de réduction des vulnérabilités sociales, l’inclusion financière y figure en bonne place parce qu’elle s’est avérée comme un mécanisme sécurisé, efficace et concret. En face d’un système bancaire prudent et parfois moins adapté aux besoins de leur environnement, nos concitoyens sont marginalisés et exclus des options valables de financement de leur initiative tels l’éducation des enfants, la souscription à une offre assurantielle pour parer aux imprévus de la vie ou même aux aléas climatiques sur les récoltes, la création et le financement des entreprises et bien d’autres… En somme, une impossibilité d’accès à des services financiers pour nourrir des objectifs et répondre à des priorités fixées. Certes, nous ne l’expliquons pas assez souvent mais cette incapacité aussi bien des jeunes et des ménages pèse fortement sur l’économie de nos pays.

Et pourtant, permettre à des jeunes de financer leur entreprise ou à des exploitants agricoles de bénéficier du financement stimule la production et la productivité en faisant d’eux des acteurs actifs du développement économique.

Mesdames et Messieurs,

L’enjeu de cette Semaine Africaine de la Microfinance, au-delà de faire le point des acquis dans nos pays, doit être l’occasion de poser les enjeux de la finance inclusive sur le continent africain à la lumière des expériences des différentes délégations. Il est question de s’interroger sur l’efficacité de la stratégie du faire-faire, l’accroissement et la diversification des produits et des services adaptés aux besoins en milieu surtout rural, l’accélération pour une intégration du système de paiement, l’inclusion dans le système fiscal par exemple, ainsi que des options de financement novatrices, et la réduction des inégalités dans l’accès aux services. C’est sur ces enjeux qui nous interpellent toutes et tous, que je souhaite plein succès à nos travaux.

Au programme de la journée de ce mardi, à part la cérémonie d’ouverture, il est attendu une conférence sur l’Afrique face aux défis des changements climatiques. Des sessions parallèles vont offrir l’occasion aux délégués de réfléchir sur des thématiques comme « Vers un avenir durable en Afrique- climat, développement socio-économique et finance inclusive ; Les institutions financières à l’épreuve du climat-évaluer les risques et renforcer la résilience institutionnelle ; Au-delà des taxonomies – le rôle des régulateurs pour booster la finance inclusive et durable ; Inclusion financière 3.0- la technologie comme catalyseur du développement et de la finance durables.

La rédaction

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