• 22 juillet 2024 12h56

Miadé Bé Nou

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Agents de CHU Sylvanus Olympio et CHU de Kara suspendus : Au delà des sanctions, passer une réforme du secteur s’impose

ByAristo

Oct 20, 2023

Il a perçu chez le mari d’une patiente admise aux urgences chirurgicales du Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio une somme de 150 000 F CFA pour la cession de produits pharmaceutiques d’origine inconnue. Lui, c’est Parfait Tekam Wadje, un Camerounais en 3ème année de chirurgie générale au Togo. Pour cet acte pour le moins illégal, l’homme voit son stage arrêté jusqu’à nouvel ordre.

« Dr Parfait Tekma Wadje, D.E.S de 3è année de chirurgie générale est interdit de stage au Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (CHU SO) pour compter de la date de signature de la présente décision et ce jusqu’à nouvel ordre », a fait savoir le médecin Lieutenant-colonel Yawo Apélété Agbogbli. Un peu avant la sanction infligée au sieur Parfait Tekam Wadje, trois agents de santé officiant au CHU Kara ont été suspendus par le ministre de la Santé et de l’hygiène publique. Ces derniers sont impliqués dans la vente illégale des produits pharmaceutiques à des patients. C’est la vente illégale des produits pharmaceutiques à des patients qui a causé la perte de poste de ces quatre agents. Une paille, quand on sait comment beaucoup d’agents font leur miel de cette pratique quelque peu contraire à l’éthique et à la déontologie qui régissent la corporation du corps des soignants.

De tout temps, des praticiens hospitaliers ont souvent usé de cette pratique qui, si elle est aussi vieille que le monde, trouve son origine dans l’échec de l’approche contractuelle des hôpitaux, si l’on en croit le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) et les syndicats frères qui, au-delà de condamner les coupables, ont déploré le manque de compétence, une dégradation ascendante dans l’amélioration de l’offre de soins aux populations et un manque criard d’infrastructures sanitaires dans les hôpitaux contractants. Et Synphot de demander « pour une énième fois l’évaluation externe de la démarche de contractualisation qui présente d’énormes insuffisances telle qu’exigé par le conseil des ministres du 04 mai 2022 ».

A charge maintenant pour le gouvernement de faire ce qu’il veut avec ce message qui sonne comme un appel à réformer pour de vrai le système sanitaire togolais pourri de la cave au grenier. Du manque de matériel adéquat pour soigner le commun des Togolais au manque de volonté de prendre au sérieux l’état morbide où gisent les hôpitaux du pays, le secteur sanitaire est truffé d’anomalies toutes plus ubuesques les une que les autres, et cette situation ayant abouti aux sanctions des agents susmentionnés n’est que la partie visible de l’iceberg.

On risque de ne pas assister à aucune révolution de quelque nature que ce soit, attendu que les dirigeants n’ont jamais fait confiance aux services de leur propre pays, préférant aller se faire soigner ailleurs à prix d’or. Ainsi va la république bananière.

Source : Journal « Le Correcteur »

By Aristo