• 21 février 2024 15h07

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Ce qui engendre la corruption : une analyse microéconomique sur données africaines

ByAristo

Déc 16, 2023

La corruption est la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa complaisance.

Corruption: causes et conséquences

Pauvreté, faible développement social.
Les opportunités créée par la cupidité (règles, procédures, contrôles faibles).
Corruption = Monopole + Discrétion – Responsabilité

Moins de prospérité: la corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique.

Elle exacerbe les inégalités et réduit les investissements privés au détriment des marchés, des opportunités d’emploi et des économies. La corruption compromet la réponse aux situations d’urgence, entraînant des souffrances inutiles, et la mort dans le pire des cas.

Plusieurs arguments théoriques suggèrent que la corruption est corrélée avec le niveau des salaires des agents publics. La théorie des incitations montre qu’il existe un salaire d’efficience assimilable à l’espérance de pot-de-vin associé à la corruption pouvant empêcher la corruption. Même si le salaire d’efficience est coûteux et donc difficile à mettre en œuvre dans un contexte de restrictions budgétaires, la théorie des incitations suggère que, toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du salaire devrait réduire la corruption des agents publics.

La religion est souvent présentée comme un élément influant le coût moral de la corruption. En effet, elle pourrait affecter de deux manières le coût perçu des actes corrompus. Souvent, il est argué que la religion conditionne l’attitude des individus vis-à-vis de la hiérarchie. Lorsque les religions dites « hiérarchiques » comme les religions catholique, orthodoxe ou musulmane dominent, les contestations de l’autorité seraient plus rares que dans les pays où la religion dominante est plus égalitaire et plus individualiste, comme par exemple le protestantisme.

Les dangers de la corruption, de la surfacturation et de l’achat de conscience pour un pays comme le Togo sont multiples et profonds. Voici quelques éléments clés à considérer :

  1. Affaiblissement de l’économie : Lorsque la corruption et la surfacturation sont répandues, elles engendrent un climat d’incertitude pour les investisseurs et découragent les initiatives entrepreneuriales. Les ressources financières qui devraient être investies dans le développement économique sont détournées, ce qui ralentit la croissance et aggrave les inégalités sociales.
  2. Dégradation des services publics : La corruption et la surfacturation peuvent entraîner une allocation inefficace des ressources publiques, ce qui conduit à une baisse de la qualité des services essentiels tels que l’éducation, les soins de santé, les infrastructures routières, et l’accès à l’eau potable. Cela affecte directement la population, en particulier les plus vulnérables, qui sont les plus dépendants de ces services.
  3. Instabilité politique : La corruption et l’achat de conscience peuvent saper la confiance du public dans le système politique et causer des tensions sociales. Lorsque les citoyens perçoivent que leurs voix et leurs intérêts ne sont pas pris en compte, ils sont plus enclins à se tourner vers des mouvements extrémistes, à participer à des manifestations violentes ou à perdre confiance dans les institutions démocratiques. Cela peut engendrer une instabilité politique qui compromet la gouvernance et la stabilité du pays.
  4. Inégalités et pauvreté accrues : La corruption et la surfacturation favorisent l’enrichissement des élites politiques et économiques, au détriment du développement durable et de l’amélioration des conditions de vie pour la grande majorité de la population. Cela aggrave les inégalités existantes et perpétue le cycle de la pauvreté, créant ainsi des disparités économiques et sociales qui peuvent conduire à des problèmes de sécurité et à un mécontentement généralisé.
  5. Perte de confiance et de crédibilité internationales : La persistance de la corruption et de la surfacturation affaiblit la réputation d’un pays sur la scène internationale. Cela peut dissuader les investisseurs étrangers, compromettre les relations bilatérales et l’accès aux financements internationaux. De plus, cela peut entraîner une perte de crédibilité dans les organisations internationales, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur le développement économique et social du pays.

Des campagnes de sensibilisation, la formation et le renforcement des capacités, la transparence et la mise en place de sanctions sévères contre les éventuels actes de corruption doivent servir d’outils à adopter pour lutter contre la corruption et réduire ses impacts négatifs sur la société.

Il est donc impératif que le Togo prenne des mesures rigoureuses pour lutter contre la corruption, la surfacturation et l’achat de conscience. Cela nécessite des réformes politiques, une transparence accrue, un renforcement de l’état de droit et la promotion d’une culture de responsabilisation. Se débarrasser de ces fléaux est essentiel pour garantir un développement durable, une gouvernance efficace et une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens togolais.

La rédaction

By Aristo