• 18 mai 2024 8h40

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

La place de la sorcellerie chez les peuples noirs : entre culture et déformation

ByAristo

Mar 16, 2022

Il y a d’abord une discrimination à opérer entre les notions de Magie et de Sorcellerie. La Magie est l’Art de commander aux forces du Mal. La Sorcellerie celui d’essayer de commander les mêmes forces.

La sorcellerie désigne, à proprement parler l’art d’interroger le sort (hasard, destin), et par extension d’en modifier le cours.

Le mot désigne plus généralement la pratique d’une certaine forme de magie, dans laquelle le sorcier travaille avec des forces surnaturelles, des entités maléfiques ou non, et parfois aussi des forces naturelles connues comme celles des plantes, des cycles lunaires, des ondes, des suggestions. Selon les lieux et les époques, la sorcellerie fut considérée avec des degrés variables de faveur ou d’hostilité, parfois avec ambivalence. Dans la Grèce antique et à Rome, la divination était une pratique admise, liée à certains sanctuaires et à la prise officielle de décisions. Les religions du livre condamnent toute forme de divination et de magie.

La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe. Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est employé, il désigne des idées différentes, voire opposées. Chaque société possède ses propres conceptions en matière de tradition, de croyance, de religion, de rites, de rapport à l’au-delà et à la mort et d’esprits bons ou mauvais ; il est parfois impossible de trouver un équivalent d’une culture à l’autre.

La conception de l’idée de sorcellerie chez les peuples d’Afrique met en lumière une lutte constante entre tradition et soumission forcée aux religions monothéïstes.

Le vaudou : découvert à partir du VIII ème siècle par les explorateurs, c’est la plus connue des formes de sorcellerie, découlant directement des divinités Yorubas, Fon et Ewe et est surtout répandu en Afrique de l’Ouest (Togo Bénin majoritairement). Il est l’affirmation que ces puissances occultes existent. Le vaudou regroupe l’organisation des rites qui permettent de les maîtriser et en découle une hiérarchie des divinités et des hommes et femmes plus ou moins initiés qui officient lors des cultes.

Mais plus généralement, la sorcellerie, est un concept qui se retrouve chez toutes les populations noires, d’Afrique ou des Caraïbes. Il n’est pas péjoratif mais simplement l’expression d’une réalité à laquelle l’homme noir croit et qui tient une place dans son fonctionnement et sa façon d’appréhender les éléments. Avec le temps, ce concept a évolué pour dériver au fil des siècles. La pratique du vaudou a également évolué, notamment chez les descendants d’esclaves, qui n’ont pu conserver que des bribes de cet héritage et ont recréé un vaudou « à eux ».

Quoiqu’il en soit, en Afrique, plus particulièrement, le concept de sorcellerie est aujourd’hui utilisé à tort et à travers ou pour certaines vanités égoïstes, loin de la grandeur des rites surnaturels d’antan.

À suivre…

By Aristo