• 21 avril 2024 11h24

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Lomé -Togo: Le calvaire des homosexuels

ByAristo

Nov 9, 2023

Une vague de persécutions cible depuis quelques années les gays et les lesbiennes de ce territoire du Togo. Quelques dizaines d’entre eux sont parvenus à faire des  témoignages.

« Ils m’ont d’abord cassé les côtes, puis ils ont… » Il continue : « …, c’était de prier et, trouver une sortie de fuite, alors on avait de la chance. » Son calvaire a duré quelques heures.

Une dizaine d’homosexuels ont été chassés dans un bar de la plage de Lomé dimanche 3 avril 2022 par un groupe de personnes.  Les victimes harcelées puis chahutées se sont ensuite sauvées avec leurs effets ramassés à la halte selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Des homosexuels ont été chassés dimanche à coups de poing à la Plage de Lomé par une horde de jeunes togolais. Ces derniers ne supportaient pas le spectacle auquel se livraient des hommes ayant choisi une orientation sexuelle non-tolérée, ni par la société togolaise ni par les lois togolaises. Ils ont dû détaler pour avoir la vie sauve.

Au final, c’est en toute vitesse que ces hommes ayant choisi de devenir femmes, de par leur orientation sexuelle, ont dû quitter les lieux.

Cette situation n’est pas nouvelle. A Lomé et à l’intérieur du pays, les homosexuels sont déclarés persona non grata par plusieurs communautés qui considèrent les LGBTQI comme des déviants sociaux.

Selon nos informations, plusieurs d’entre eux sont constamment agressés tant dans leurs quartiers que sur leurs lieux de travail. Certains n’ont d’autres choix que de s’exiler. D’autres sont carrément portés disparus, leurs familles étant restées sans nouvelles d’eux.

Il faut rappeler que selon la constitution togolaise, l’homosexualité n’est pas un droit de l’homme ; ce qui est le droit de l’homme, c’est le droit à la vie sexuelle.

Et pour faire respecter cette constitution, toute personne gay, lesbienne, bisexuel et transgenre ne sera pas reconnus comme un citoyen togolais. Et pour celles qui le sont, l’acte est considéré comme illégal et donc puni de 3 ans de prison ferme.

Le Togo malgré la pression refuse  de légaliser le droit des homosexuels ou lesbiennes dans le pays. Il l’a d’ailleurs réitéré  lors de son  dernier passage devant le conseil des droits de l’homme de l’ONU.

En mai 2023, Bobo Périta, l’influenceur togolais connu pour son extravagance et son franc-parler, a récemment été arrêté par la police suite à une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

L’annonce de son arrestation a été saluée par la communauté togolaise connectée qui reprochait à l’influenceur son comportement « déplacé ».

Au-delà de cette affaire, l’arrestation de Bobo Périta soulève des questions plus larges sur la responsabilité des influenceurs sur les réseaux sociaux.

En exposant leur vie privée pour gagner en popularité, ces personnalités doivent faire preuve d’une grande prudence dans leurs publications pour éviter de choquer leur public sur son homosexualité.

Au Togo, près d’un millier de prisonniers ont recouvré la liberté durant le weekend écoulé. Le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, a en effet accordé vendredi 27 octobre 2023, la grâce présidentielle à 956 détenus de droit commun sur toute l’étendue du territoire national. A notre grande surprise il n’y avait pas les homosexuels parmi les 956 détenus graciés.

Cela prouve à suffisance que les homosexuels n’ont pas leurs places au Togo.

Pour mémoire, nous vous rappelons le choix d’exile de plusieurs togolais comme : Justine AMETEPE, Ablavi SODOGA, Kodjo FAGNON, Amélé SOMABE, Kofi TEPE, Akossiwa AZOUMI et d’autres à cause des persécutions venant dans gens de leurs (quartiers, amis et familles) autour d’eux.

Le cas d’un journaliste connu au sein de sa corporation a « disparu » du monde des médias togolais et n’est plus présent sur les sites de reportage ou sur son lieu de travail.  Une enquête menée par notre rédaction nous informe qu’il a quitté le Togo pour une destination inconnue. La déclaration audacieuse sur sa page facebook révèle un indice sur sa disparition : « Je suis homosexuel et fier de l’être ».

Ils avaient quitté leur pays pour sauver leurs vies à cause de leurs sentiments et d’être des homosexuelles.

Pour certains membres de leurs familles, ces gens sont des « déceptions pour l’ensemble de leurs familles », ils ont « apporté la honte sur leurs familles » et pour cela ils sont aujourd’hui « banni de leurs familles ».

Rappelons qu’au Togo, le code des personnes et de la famille définit le mariage comme l’union d’un homme à une femme. Ensuite, le code pénal incrimine tous les actes contre-nature entre les gens de même sexe.

Il y a quelques années, le ministre Christian Trimua annonçait que les homosexuels du Togo sont dans de beaux draps. Selon lui, tout homosexuel encourt une peine de 3 ans de prison ferme.

L’article 88 du Code pénal togolais punit la pratique de l’homosexualité d’une peine d’emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 100 000 à 500 000 francs CFA.

Dans 69 pays sur 193, l’homosexualité est interdite. 69 États dans le monde répriment l’homosexualité. La loi y prévoit des sanctions ou les juges y prononcent des peines à l’encontre des gays et lesbiennes. Dans onze pays, les relations homosexuelles sont passibles de la peine de mort.

Il existe toujours un décalage entre le droit et les pratiques. Interdire ne veut pas forcément dire réprimer dans les faits : dans certains États, l’homosexualité est un délit ou un crime, mais elle n’est jamais poursuivie. Inversement, certains pays peuvent avoir autorisé l’homosexualité dans les textes, mais les homosexuels y sont exposés à des violences et des humiliations. En Côte d’Ivoire, qui fait office d’exception par rapport à de nombreux pays d’Afrique, le fait que l’homosexualité n’a jamais été interdite n’empêche pas les agressions homophobes. En France aussi, où les discriminations homophobes sont interdites par la loi, les brimades et violences persistent. Le droit constitue une avancée essentielle mais ne dit pas tout des conditions de vie des personnes gays et lesbiennes.

Au Togo, la pratique de l’homosexualité grandit et gagne du terrain dans la société.  Une pratique longtemps classée comme tabou parce qu’elle n’est pas reconnue en général en Afrique ni spécifiquement dans les coutumes togolaises. Être homosexuel au Togo envoie tout pratiquant vers la stigmatisation, la discrimination sur tous les fronts et la probabilité d’être victime de harcèlement quotidien ou de violence par les voisins et leurs proches.

Pratiquer l’homosexualité au Togo et exercer son droit de choisir cette affiliation sexuelle et d’en profiter ne sont pas facile. Le constat a révélé que les couples homosexuels sont contraints de se cacher de peur de tomber sous le coup de la loi togolaise qui n’autorise pas les pratiques liées à l’homosexualité.

Le cas du Togo étant exceptionnel, à  quand la liberté des Homosexuels au Togo ?

La rédaction

By Aristo