• 21 avril 2024 6h22

Miadé Bé Nou

Traditions, Cultures ancestrales et Actualités du Togo, d'Afrique et du Monde

Loupe du correcteur : Sénégal, un exemple malgré tout

ByAristo

Fév 23, 2024

La démocratie sénégalaise, une des plus vieilles de l’Afrique de l’Ouest subit des coups de boutoir depuis un moment à travers des desseins cachés de Macky Sall.

Les derniers soubresauts ayant conduit au report de l’élection présidentielle au 15 décembre 2024 et la forte mobilisation de la rue pour s’y opposer, sont perçus comme de balbutiements inquiétants des fondements démocratiques au pays de la Teranga.
Fort heureusement, la dernière sortie du Conseil Constitutionnel qui remet le processus électoral sur les rails, jette un peu d’éclaircie dans le ciel nuageux de ce pays de plus de 18 millions d’habitants. En effet, par Décision n° 1/C/2024 en date du 15 février 2024, le Conseil Constitutionnel a notamment décidé que « la loi portant dérogation aux dispositions de l’article 31 de la constitution, adoptée sous le N° 4/2024 par l’Assemblée Nationale, en sa séance du 5 février 2024, est contraire à la constitution », et que « le décret n° 2024-106 du 03 février 2024 pris sur le fondement de la proposition de loi notifiée au Président de la République manque de base légale » . Dans la même Décision, le Conseil, « constatant l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle à la date initialement prévue, invite les autorités compétentes à la tenir dans les meilleurs délais ».
En clair, le Sept Sages ont annulé la décision du report de la présidentielle initialement prévue le 25 février 2024.


Solidité des institutions ou jeux politiques ? De toute évidence, cette décision a été largement partagée par nombre de Sénégalais et au-delà.
Sans trop forcer, Macky Sall dit avoir « pris acte de cette Décision qui s’inscrit dans le cadre des mécanismes juridictionnels normaux de la démocratie et de l’État de droit tels que consacrés par la constitution sénégalaise (et) entend faire pleinement exécuter la Décision du Conseil constitutionnel. »
A cet effet, il « mènera sans tarder les consultations nécessaires pour l’organisation de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais. »

A l’arrivée, le glissement de calendrier électoral est presque consommé mais la démocratie sénégalaise continue de faire rêver.
Ailleurs où toutes les institutions de la République sont caporalisées, il est quasi impossible que le Conseil Constitutionnel aille à l’encontre d’une décision du Président de la République. La démocratie et l’État de droit doivent être préservés en Afrique où beaucoup de Chefs d’État n’imaginent aucune vie après le pouvoir, bafouent tout et détiennent le droit de vie et de mort sur leurs concitoyens.


Honoré ADONTUI

By Aristo